En octobre 1944, Pierre CRESSARD rapportait dans « Ouest-France » une tentative de mystification qui s’était déroulée à Laillé en 1942, au moment de l’avance allemande sur Moscou.

C’est sur les bords de la Vilaine devenue pour la circonstance la Moscova que les services de propagande allemande avaient décider de filmer la marche des nazis vers Moscou, dont la fin se faisait attendre. Pour impressionner l’adversaire, on organisa une gigantesque mise en scène, digne des plus grandes productions hollywoodiennes: une forêt entière fut dévastée, des voitures renversées, les numéros minéralogiques des voitures maquillées, de tous de bombes creusés, des écheveaux de cordes embrouillés figuraient des fils télégraphiques coupés. On alla même jusqu’à édifier un décor de contreplaquer pour simuler un pont détruit et faire au coalton de fausses lézardes. Quinze cent figurants furent mobilisés pour passer et repasser inlassablement sur le port, tandis que tout autour des groupes fumigènes vomissaient de la fumée, des cabanes de bois brûlaient, et des gros pétards explosaient de ci, de là…

La superproduction n’eut pas le destin promis et fut remisée rapidement au magasin des accessoires. Lors de la première projection discrète dans un cinéma rennais, nos réalisateurs amateurs faillirent s’étouffer en apercevant sur l’écran : Moscou 3 kilomètres, Bourg-des-Comptes: 6 kilomètres 500.

Ce pont situé sur la Vilaine, entre Guichen et Laillé. Article tiré d’un almanach de 1984.

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